Approche centrée sur la personne (ACP) de Carl Rogers à Angers, La Bohalle

Qui est Carl Rogers et l’approche thérapeutique qui me sert de cadre de référence ?

Carl Rogers est un psychologue américain (1905-1989), un des représentants de la psychologie dite humaniste. Il a d’abord fait des études d’agronomie. Impressionné par le développement du végétal, cet entêtement à vivre, il sera persuadé que tout être humain est appelé à devenir, à s’accomplir au mieux, selon ses dispositions propres et ses aspirations.

Il publie en 1961 son livre majeur On Becoming a Person, traduit par Le Développement de la Personne. Il y expose son Approche, dite Centrée sur la Personne (ACP).
Ce qu’il faut retenir c’est qu’il y a chez lui très peu de théorie, mais des valeurs, une certaine conception de la personne et beaucoup de pragmatisme.
La personne y est toujours vue en marche, prise dans le processus du vivant, le même qui oeuvre au sein de toute la nature. Une personne en souffrance est une personne dont le mouvement vital s’est suspendu, bloqué sur « un problème », en attente d’être libéré.
Le thérapeute se met à l’écoute du vivant qui se cherche, derrière le problème, et même par le problème, et permet à la personne de relancer le processus et de trouver ses propres solutions, parfois surprenantes, loin de ce qu’elle croyait savoir d’elle-même.                                                                     Le Focusing, qui invite à porter son attention sur la dimension corporelle du vécu, sur le corps comme vérité et centre de soi, a été développé par un élève de Rogers, Eugene Gendlin, mais découle de cette philosophie du vivant et de l’être.

Selon Carl Rogers 3 qualités principales sont requises chez le thérapeute pour permettre au consultant d’oser devenir ce qu’il est, d’actualiser ce qu’il porte en lui :

    • son accueil et son acceptation inconditionnels de l’autre, sans aucun jugement
    • sa capacité d’empathie
    • sa congruence, c’est-à-dire la conscience que le thérapeute a de lui-même dans la relation thérapeutique et sa présence authentique, en tant que « vraie personne », et non comme un spécialiste froid et détaché qui objective le consultant.

Carl Rogers a expérimenté et vérifié ce qui « marchait » en thérapie, là est son pragmatisme.
Ce qu’il a pu constater et reconstater, et chacun peut en faire l’expérience à son tour : plus on est accueilli tel que l’on est, plus on se sent compris et validé dans son être, plus on est alors en capacité de s’ouvrir au changement espéré. Ce qui rejoint d’ailleurs le principe de la méditation: accueillir ce qui est.
C’est dans ce climat de confiance que la personne aura peu à peu une meilleure conscience d’elle-même et sera plus apte à agir selon ses propres valeurs et ses propres objectifs de vie.

J’ai choisi l’ACP car elle correspond à ma conception philosophique et éthique de la personne ainsi que du changement en thérapie, car si l’ACP est non brutale, non intrusive, elle n’en est pas moins efficace et humainement stimulante.

> Psychologie des profondeurs – Jung